Taille des framboisiers : 5 erreurs courantes qui sabotent votre récolte

Photo taille-framboisiers-erreurs-recolte
Table des matières

Des tiges fouillis, des fruits qui se raréfient et cette impression de tailler à l’aveugle : votre framboisier peut perdre tout son potentiel pour quelques coups de sécateur mal placés. Voici les cinq pièges les plus courants qui font chuter la récolte et les réflexes à adopter pour transformer chaque rameau en promesse de barquettes bien remplies.

Illustration

Erreur n°1 : tailler à la mauvaise saison

Non remontants : oubliez la taille estivale

Chez les variétés non remontantes, les framboises se forment sur des cannes âgées d’un an. Tailler en plein été, quand ces jeunes tiges sont encore en phase de croissance, revient tout simplement à supprimer la future récolte. On croit éclaircir, on détruit les réserves : résultat, l’arbuste se fatigue et la floraison de l’année suivante se fait rare.

Le bon rythme consiste à attendre la fin de la fructification, une fois les derniers fruits cueillis. À ce moment-là, on rabat à ras du sol les tiges brunies qui viennent de produire, et l’on garde les pousses vertes vigoureuses qui assureront la production de demain. En procédant ainsi, on laisse à la plante le temps de reconstituer ses réserves sans sacrifier le rendement futur.

Remontants : pourquoi l’hiver ne suffit pas

Les framboisiers remontants portent d’abord une petite récolte en été sur la partie basse des cannes de l’année précédente, puis une seconde, plus généreuse, à l’automne sur les jeunes pousses de l’année. Si l’on se contente d’une taille stricte en fin d’hiver – coupe de toutes les tiges au ras du sol – on obtient certes la récolte automnale, mais on perd celle de début d’été.

Pour profiter des deux vagues de fruits, il faut intervenir deux fois : d’abord après la récolte automnale, en supprimant uniquement la portion supérieure qui a fructifié, puis de nouveau à la sortie de l’hiver pour aérer la touffe et éliminer les cannes affaiblies. Cette double étape garantit des tiges toujours jeunes, bien aérées et prêtes à porter deux floraisons successives.

Erreur n°2 : confondre jeunes pousses et cannes épuisées

Identifier les tiges brunes post-récolte

Dès que la récolte est terminée, les rameaux qui ont porté les framboises se distinguent facilement : leur écorce vire au brun gris, se craquelle par endroits et garde souvent les petits pédoncules secs des fruits cueillis. L’aspect est ligneux, parfois creux, alors que les pousses de l’année restent vert tendre, souples et légèrement couvertes d’une fine pruine. Ce contraste visuel et tactile permet d’éviter la confusion et de supprimer uniquement les cannes vraiment épuisées.

Sélectionner 6 à 8 cannes vigoureuses au repos végétatif

Après l’élimination des tiges brunes, la touffe paraît souvent très dense ; tout garder appauvrirait la future récolte. On ne conserve que six à huit cannes bien droites, au diamètre régulier, réparties de façon aérée le long du rang. Ces tiges, encore vertes et exemptes de blessures, entreront en dormance puis fructifieront la saison suivante. Les rameaux excédentaires sont coupés au sol pour libérer la lumière et l’air, limiter les maladies et faciliter la cueillette à venir.

Erreur n°3 : ignorer la différence remontant, non remontant

Méthode spécifique aux framboisiers non remontants

Chez les variétés non remontantes, la récolte n’a lieu qu’une fois par an sur les pousses âgées de deux ans. Une fois les fruits cueillis, il faut supprimer entièrement ces cannes brunies qui se sont épuisées : on les coupe au ras du sol pour ne laisser que les jeunes tiges vertes de l’année. Ces dernières deviendront les branches porteuses de la prochaine saison.

Pour guider la plante et limiter l’enchevêtrement, on sélectionne six à huit cannes vigoureuses par mètre linéaire, puis on les attache à un support (fil de fer ou ganivelle). L’air circule mieux, les maladies fongiques régressent et la lumière atteint les futurs fruits.

Méthode adaptée aux framboisiers remontants

Les framboisiers remontants fructifient deux fois : une première récolte se forme sur l’extrémité des cannes de l’année, puis une seconde l’été suivant, plus bas sur ces mêmes tiges. Après la récolte automnale, on se contente donc de raccourcir la partie supérieure ayant porté les fruits, à hauteur d’un bourgeon robuste. La base de la tige restera productive l’année suivante.

En hiver, on élimine en plus les cannes qui ont déjà donné deux fois, tout en éclaircissant la touffe pour ne conserver qu’un nombre raisonnable de tiges (huit maximum au mètre). Certains jardiniers choisissent de rabattre toutes les cannes au sol à la fin de l’hiver ; ils n’obtiendront alors qu’une récolte tardive mais plus abondante sur les pousses nouvelles. Le choix de la stratégie dépend donc du calendrier de récolte souhaité.

Erreur n°4 : laisser le framboisier s’étendre sans contrôle

Installer des barrières racinaires et des supports

Le framboisier est un arbuste drageonnant : ses racines émettent sans cesse de nouvelles pousses qui colonisent rapidement le carré potager ou les massifs voisins. L’article rappelle qu’en l’absence de limite physique, on se retrouve vite avec un réseau de tiges difficile à gérer et une récolte moins abondante. La pose d’une barrière anti-rhizomes, enterrée à une quarantaine de centimètres tout autour de la ligne de plantation, permet de canaliser ces drageons et de garder la culture sur une bande bien délimitée.

Une fois la zone contenue, il est conseillé de tendre deux ou trois fils entre des poteaux, à hauteur de 60 cm puis 1 m – 1,20 m. Ces supports maintiennent les cannes droites, évitent qu’elles ne ploient sous le poids des fruits et facilitent la taille comme la cueillette. Résultat : une allée propre, un passage préservé et des framboises qui profitent mieux de la lumière.

Espacer les cannes pour une meilleure aération

L’autre point souligné est l’enchevêtrement excessif des tiges. Quand on laisse pousser toutes les cannes issues des drageons, l’air circule mal, les feuilles restent humides et les maladies cryptogamiques s’installent. La recommandation est simple : ne conserver qu’une dizaine de cannes vigoureuses par mètre linéaire, les autres étant sectionnées au ras du sol.

Avec cet éclaircissage, chaque tige dispose d’environ 10 à 15 cm de place, la photosynthèse est optimisée et les fruits mûrissent plus uniformément. Cette aération réduit aussi la concurrence interne, donc les cannes restantes se chargent de framboises plus grosses et plus sucrées. Un petit geste de régulation, largement récompensé au moment de la récolte.

Erreur n°5 : oublier les gestes d’entretien après la taille

Apport de paillage et compost de surface

Dès que la taille est terminée, l’article rappelle qu’il faut « nourrir » le pied. La méthode est simple : répandre une fine couche de compost mûr au contact du sol, puis ajouter un paillage organique (broyat, feuilles mortes, paille). Cette couverture limite l’évaporation, freine la pousse des adventices et libère progressivement des nutriments indispensables à la formation des nouvelles cannes.

Sans cette protection, la terre se compacte et se dessèche plus vite, entraînant un stress hydrique qui se répercute directement sur la prochaine floraison. Un apport renouvelé chaque fin d’hiver permet donc de sécuriser la récolte future tout en allégeant l’entretien courant.

Surveillance des maladies et arrosage ciblé

L’article souligne ensuite l’importance de passer régulièrement en revue les rameaux. L’objectif : repérer au plus vite les taches violacées, chancres ou dessèchements qui signalent le début d’une attaque fongique. Les parties atteintes doivent être coupées et écartées du jardin pour éviter la propagation.

Côté arrosage, le texte préconise une approche mesurée : un apport d’eau direct au pied uniquement lors des périodes sèches, afin d’humidifier le sol sans mouiller le feuillage. Cette pratique réduit les risques de maladies cryptogamiques et maintient un niveau d’humidité stable, favorable au développement des jeunes pousses.

Rectifier la taille des framboisiers revient à offrir un podium aux fruits de demain : un geste net, réfléchi et suivi d’un soin discret mais constant. En écartant ces cinq pièges vous troquez la débroussailleuse aveugle contre la baguette du chef d’orchestre et la symphonie de baies sucrées ne se fait pas attendre. Le jardin y gagne une allure maîtrisée, le panier déborde et votre table célèbre la précision d’un taille-crayon plutôt qu’un coupe-gorge.

4.6/5 - (34)
Image de Pascal Largilière
Pascal Largilière
Passionné par l’aménagement intérieur et fort d’une solide expérience, j’ai fondé Aménagement Orléans avec une ambition claire : créer des espaces uniques, fonctionnels et élégants, parfaitement adaptés à vos besoins.